En travaillant avec des managers et des dirigeants sur leur prise de parole, j’ai identifié un basculement très précis qui détermine si une présentation sera vécue comme fluide ou comme éprouvante.
Ce n’est pas le niveau de préparation, ce n’est pas la maîtrise du contenu. c’est l’endroit où se trouve l’attention.
Quand on est dans le messager : on surveille sa voix, on observe les visages dans la salle, on anticipe le jugement, on se regarde parler.
Quand on est dans le message : on est habité par ce qu’on veut transmettre, on est tourné vers l’autre, on oublie qu’on est en train de « performer ».
Le stress de performance, souvent, ce n’est pas la peur de mal s’exprimer, c’est la peur d’être vu en train de mal s’exprimer.
Et cette peur-là, elle nous met dans le messager. Pas dans le message.
Avec Marion, cadre dirigeante préparant une intervention devant l’ensemble du management international, nous avons travaillé sur ce déplacement d’attention.
Pas pour supprimer le trac, pour avoir une ancre concrète à laquelle revenir dès que l’attention se retourne vers soi.
« Si tu sens que ça part, c’est le signal que tu es sur le messager. Reviens sur le message. »
Ce déplacement simple, mais pas facile, change la qualité de présence en prise de parole.
Et paradoxalement, il réduit les symptômes physiques bien plus efficacement que d’essayer de les contrôler directement.
T’es plutôt dans le messager ou dans le message quand tu prends la parole ?
