En séance avec Léa, une situation apparemment simple a révélé quelque chose de beaucoup plus profond.
Elle avait progressivement arrêté de prendre du plaisir à courir, une activité qu’elle adorait, qui avait construit sa confiance en elle, et qu’elle avait transmise à son entourage.
La raison qu’elle donnait : « trop de stress en compétition avec des gens que je connais. »
En approfondissant, c’est autre chose qui est apparu.
Elle protégeait son identité plus que sa performance.
Au fil des années, la course à pied était devenue « son univers », sa singularité, ce qui la distinguait. Et à mesure que d’autres personnes investissaient cet espace, elle ressentait une menace ; non sur ses résultats, mais sur sa place.
C’est un mécanisme qu’on retrouve aussi bien chez les sportifs que dans les environnements professionnels.
On ne défend pas nos compétences, on défend l’image de nous-mêmes que nos compétences ont construite.
Et c’est précisément cette image – pas nous – qui génère l’anxiété de performance.
L’idée ici sera de dissocier l’identité du résultat.
La peur d’échouer devant les autres est secondaire et passe après la peur que son image s’effondre.
Elle s’était construite une place : celle qui court, celle qui a inspiré les autres, celle qui est allée en premier. Et chaque coureur qui la rejoint grignote un peu cette place.
« J’avais l’impression d’avoir quelque chose d’exceptionnel dans ma vie. Et maintenant ça devient banal. »
Et parfois, c’est cette image qui nous empêche de courir librement.
T’as déjà senti que tu défendais une image plutôt que de vivre quelque chose ?
