Elles sont le fruit d’un chemin, d’essais, d’erreurs, d’ajustements successifs.
Chaque stratégie efficace que nous admirons aujourd’hui est d’abord passée par des formes moins abouties, parfois maladroites, souvent inefficaces. Mais ces stratégies d’hier n’étaient pas des échecs. Elles étaient des étapes nécessaires.
Car c’est en allant jusqu’au bout d’une méthode que l’on en découvre les limites.
C’est en l’appliquant, en la testant dans le réel, que l’on comprend ce qui fonctionne… et surtout ce qui ne fonctionne plus.
Vouloir une stratégie performante sans accepter les phases d’imperfection revient à vouloir l’expérience sans l’apprentissage. Or, l’intelligence stratégique se construit toujours après coup, jamais avant l’action.
Ce que l’on appelle aujourd’hui « erreur » était souvent, hier, la meilleure option disponible avec le niveau de conscience, de compétences et de lucidité du moment. Juger le passé avec les critères du présent est une illusion. Le passé n’a fait que préparer le terrain.
Les personnes et les organisations qui évoluent durablement sont celles qui savent tirer des enseignements de leurs stratégies obsolètes, plutôt que de les renier. Elles transforment l’expérience en clarté, la répétition en finesse, l’échec apparent en compréhension profonde.
En réalité, l’inefficience n’est pas un problème.
Ce qui bloque, c’est de refuser d’en extraire le message.
Toute stratégie a une date de péremption.
La sagesse consiste à reconnaître quand elle a rempli sa fonction et à s’autoriser à en créer une nouvelle, plus ajustée, plus consciente, plus alignée.
Les meilleures stratégies d’aujourd’hui sont donc des héritières.
Elles portent en elles la mémoire des limites d’hier… et la promesse d’une intelligence plus mature pour demain.
