Face à un danger invisible — une tension, une insécurité diffuse, une menace non formulée – le mental peut rationaliser, minimiser, oublier.
Le corps, lui, n’oublie pas. Il enregistre. Il anticipe. Il protège.
La mémoire du corps ne fonctionne pas avec des mots, mais avec des sensations. Une crispation soudaine, une respiration qui se raccourcit, une fatigue inexpliquée, une douleur récurrente, un cœur qui s’accélère sans raison apparente. Autant de signaux qui ne racontent pas une histoire… mais une expérience.
Lorsque le danger n’a pas pu être nommé, exprimé ou traversé consciemment, le corps prend le relais. Il conserve la trace de ce qui a été vécu comme une menace, même si celle-ci n’existe plus dans le présent. Ce ne sont pas les faits qui reviennent, mais les réminiscences physiques : les mêmes réactions, les mêmes réflexes, les mêmes alertes internes.
Le corps ne fait pas la différence entre hier et aujourd’hui.
Il reconnaît des contextes, des tonalités, des postures, des regards. Et s’il perçoit quelque chose de familier à un ancien danger, il réagit immédiatement. Non pour faire souffrir, mais pour éviter que cela ne se reproduise.
Ces réactions sont souvent mal comprises. On les interprète comme de la faiblesse, de l’hypersensibilité ou un dysfonctionnement.
Ces réminiscences physiques ne sont pas des anomalies. Elles sont les traces d’une intelligence adaptative qui, à un moment donné, a permis de tenir, de s’ajuster, de survivre.
Écouter la mémoire du corps, ce n’est pas s’y enfermer.
C’est lui offrir enfin ce qui lui a manqué : de la sécurité, de la présence, de la reconnaissance.
Lorsque le corps est entendu, il n’a plus besoin de crier.
Lorsque l’expérience est intégrée, la mémoire se transforme.
La vigilance excessive peut alors céder la place à une disponibilité plus calme, plus ajustée.
Le corps ne demande pas que l’on replonge dans le passé.
Il demande que le présent devienne suffisamment sûr pour relâcher ce qui n’a plus lieu d’être.
Et souvent, c’est à cet endroit précis que commence une véritable rencontre et un possible libération. L’énergie jusque-là mobilisée pour se protéger redevient disponible pour vivre, créer, décider.
Le continuum coaching accompagne ce passage délicat et essentiel :
celui où le corps cesse de se préparer à survivre… et commence à se sentir autorisé à vivre.
