En préparation mentale, il existe une technique paradoxale qui déstabilise souvent au premier abord.
On l’appelle parfois l’intention paradoxale.
Son principe : face à une anxiété de performance trop forte, on propose à la personne de viser délibérément l’opposé de ce qu’elle cherche à éviter.
Avec Léa, qui avait accumulé plusieurs mauvaises expériences en course à cause d’un niveau de stress ingérable, je lui ai proposé de s’inscrire à sa prochaine compétition avec un seul objectif : finir dernière.
Sa réaction a été immédiate : « C’est impossible. Ça ne me ressemble pas. »
C’est précisément pour ça que ça fonctionne.
Quand on supprime l’enjeu de performance, plusieurs choses se produisent :
- le système nerveux n’est plus en mode survie
- l’attention revient au plaisir de l’action
- les ressources cognitives, libérées de la surveillance du résultat, se réorientent vers l’exécution
Le paradoxe : on ne peut pas vraiment « perdre » si c’est le but.
Et en cherchant à perdre, on retrouve souvent ce qu’on avait perdu : le plaisir, le flow, la performance naturelle… et ce n’est pas de la résignation.
C’est une façon de désamorcer la pression pour retrouver l’élan.
